ALUMNI : Gladys Vantard - Réalisatrice du court-métrage L'or ou la Vie
Gladys Vantard a été diplômée d'un Bachelor en Cinéma d'animation en 2025. Son court-métrage L’or ou la Vie, réalisé dans le cadre de ses études, a déjà séduit de nombreux jurys internationaux. En 2025, il a remporté trois prix majeurs — au Paris Play Film Festival, au Rome Prisma Independent Film Awards, au Cannes Short Film Festival et au Cine Paris Film Festival — ainsi que onze nominations dans d’autres festivals internationaux, dont le Stockholm City Film Festival, l’AltFF Alternative Film Festival et l’AREA51 FilmFest.
Une belle reconnaissance pour ce film d’animation à la fois poétique et engagé, qui confirme la force de son univers visuel et narratif.
Comment as-tu réagi en apprenant que ton film était primé dans plusieurs festivals internationaux ?
J’ai été vraiment surprise, car je n’avais pas d’attente particulière. Ce court métrage me tient énormément à cœur, mais je ne m’attendais pas à une telle reconnaissance de la part de professionnels. J’ai simplement voulu tenter ma chance, et ces distinctions ont été une très belle surprise. Recevoir notamment la certification IMDb, une mise en avant sur leurs réseaux et le Laurier symbolique, c’est une forme de reconnaissance officielle qui compte beaucoup pour moi.
Peux-tu nous raconter en quelques mots l’histoire de L’or ou la Vie ? Quelle idée, quelle émotion ou quel message t’a donné envie de le créer ?
La consigne était de s’inspirer d’un ou plusieurs contes européens. J’ai choisi Jack et le haricot magique, car j’avais envie de revisiter cette histoire à travers une lecture morale, autour du rapport entre les valeurs humaines et l’appât du gain.
La production a duré environ trois mois. J’ai d’abord écrit le scénario et développé les personnages, beaucoup plus en profondeur que ce que l’on perçoit dans le court métrage final. Nous avons ensuite défini le public cible, ici un film tout public, puis travaillé sur les concept arts pour construire l’univers visuel et réalisé les storyboards.
Le film a une forte identité visuelle. Quelles techniques d’animation as-tu utilisées, et comment as-tu travaillé sur la direction artistique ?
J’ai opté pour un style semi-réaliste, en m’inspirant notamment de l’univers de Michel Ocelot. J’aime travailler avec des couleurs éclatantes : dans L’or ou la Vie, trois teintes dominent, le bleu, le beige et l’or. Elles permettent de créer des ambiances bien distinctes et participent pleinement à la narration. J’ai aussi beaucoup exploré les jeux de lumière, surtout dans les scènes de nuit, en extérieur, pour renforcer la dimension poétique du film.
Quels ont été les retours du Jury concernant ton court-métrage ?
Le jury a particulièrement apprécié l’ambiance nocturne bleutée du début et de la fin, qui dégage selon eux le plus d’émotion. Ils ont aussi été sensibles à la dimension poétique du film, notamment à travers la présence de l’oiseau dans l’ouverture. L’univers leur a paru cohérent, accessible et empreint d’une vraie sensibilité.
Comment s’est déroulé le processus de création au sein de Condé ? As-tu bénéficié d’un accompagnement ou d’un soutien particulier pour ce projet ?
Nous étions accompagnés par un professeur référent en animation, ainsi que par plusieurs intervenants spécialisés, en storyboard, en montage, ou encore sur des aspects techniques précis, qui intervenaient à différentes étapes clés du projet.
Nous avions des retours personnalisés et des échanges approfondis autour des scénarios, ce qui nous aidait vraiment à faire évoluer nos idées. Le fait d’être dans une petite promotion favorisait aussi beaucoup les discussions et l’entraide : on était tous curieux et admiratifs du travail des autres.
Quels ont été les plus grands défis auxquels tu as dû faire face pendant la réalisation du film ?
Le plus grand défi a sans doute été la phase d’animation elle-même. Je me sens plus à l’aise dans la préproduction, la recherche d’univers graphiques, l’idéation, la scénarisation, que dans la partie technique pure. Cette étape m’a donc demandé un vrai dépassement de moi, même si elle s’est révélée passionnante et très formatrice.
Et à l’inverse, quel a été ton plus beau moment pendant la production ?
Je dirais la phase de préproduction. C’est une étape longue et parfois laborieuse, mais aussi l’une des plus passionnantes. On expérimente énormément : on teste différents univers, des ambiances lumineuses, des compositions visuelles… La plupart des essais ne fonctionnent pas, jusqu’à ce qu’un déclic se produise. Et quand ça arrive, c’est assez magique.
Tes récompenses à Paris, Rome et au Cine Paris Film Festival t’ont donné une visibilité internationale. Est-ce que ces distinctions ont déjà ouvert de nouvelles perspectives pour toi ?
Ces distinctions m’ont surtout confortée dans l’idée que je voulais vraiment travailler dans ce milieu. J’ai adoré présenter mon travail et le partager avec d’autres passionnés. Cela m’a donné envie d’aller encore plus loin dans mes projets personnels.
Je prépare d’ailleurs un préquel à L’or ou la Vie, qui racontera ce qui se passe avant l’histoire du court-métrage. J’ai envie de continuer à développer cet univers et les thématiques qu’il explore.
Comment vois-tu la suite ? As-tu déjà de nouveaux projets en tête, dans la même veine ou vers d’autres formats ?
J’ai décidé de poursuivre mes études en Mastère. À terme, j’aimerais intégrer un studio en tant que chargée de production ou en préproduction, car c’est un environnement très stimulant où l’on apprend énormément au contact des autres.
Sur le long terme, mon objectif serait de devenir réalisatrice indépendante. J’aimerais créer des films d’animation qui allient narration et vulgarisation historique. Je travaille d’ailleurs actuellement sur un projet personnel autour du XIIᵉ siècle.
Avec le recul, qu’est-ce que ton passage à Condé t’a permis de développer, dans ta manière de créer, de raconter ou de concevoir tes projets ?
Condé m’a beaucoup apporté sur le plan technique : j’y ai appris à maîtriser les principaux logiciels d’animation et à adopter une vraie rigueur de travail. L’école m’a aussi transmis une méthodologie solide et m’a permis de découvrir concrètement le monde de l’animation, au contact de professionnels passionnés et d’étudiants tout aussi investis.
Enfin, quel conseil donnerais-tu aux étudiants ou jeunes diplômés qui rêvent de se lancer dans un projet d’animation ambitieux comme le tien ?
Je leur dirais surtout de ne pas lâcher. C’est un processus long, parfois exigeant, mais chaque étape en vaut la peine. Il faut aussi savoir accueillir les critiques, car elles sont toujours constructives. Et surtout, aimez profondément ce que vous faites : c’est ce qui donne de la force à un projet. N’hésitez pas à montrer votre travail, à le partager et à le présenter dans des festivals, on ne sait jamais jusqu’où cela peut mener.
Un grand MERCI Gladys pour ce témoignage inspirant !
Pour visionner son court-métrage, c'est par ici !
Commentaires0
Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire
Articles suggérés